laboratoire de résurrection
Yves-Albert Dauge, professeur d’université, écrivain, conférencier et aussi spécialiste de l’histoire des religions. 

Marée noire. Des oiseaux de mer, englués de bitume, luttent désespérément, asphyxiés. N’est-ce pas l’image de chacun d’entre nous, piégé dans ce monde sans âme et sans idéal ?

Partie 1 : Laboratoire De Résurrection de Yves-Albert Dauge *

Partie 2

Laboratoire De Résurrection

bouton-bougie4bisLes Dialogues avec l’Ange ont à présent grand succès. Comprenons bien qu’ils témoignent d’une révélation-révolution personnelle – c’est-à-dire concernant quatre personnes précises. Ce n’est pas l ‘amorce d’une nouvelle religion ni d’un nouveau culte. Il en ressort l’impératif pour chacun d’engager un dialogue original avec son propre Ange : et ce dialogue ne sera en aucun cas une répétition des autres.

S’il y a une chose vraiment positive à faire, c’est de faciliter pour chacun son reliement direct à la Source de l’Amour, de l’Information, de l’Énergie et de la Créativité – ce qui correspond au concept hébraïque ha-Da’ath, que traduit le grec Epignôsis, en ménageant autour de chacun un espace de liberté où puisse croître le désir de l’Amour, de l’Information, de l’Énergie et de la Créativité. Sans dogmes, sans préceptes, sans rites. En déclenchant chez l’autre l’auto-discipline qui lui convient.

bouton-bougie4bisNous souscrivons pleinement à cette déclaration du maître de l’Aïkido, O.Sensei Uyeshiba: “Qui est mon compagnon? Dieu. Ce monde va mal parce que les gens se servent les uns des autres comme compagnons disant et faisant ensemble des choses futiles. Être bon ou mauvais, ce n’est qu’une même famille dans le monde. L’aïkido enlève tout attachement. Il ne traite pas du bon ou du mauvais, de ce qui est relatif. Il ne voit dans tous que la croissance constante et le développement qui sert à l’accomplissement de l’Univers”. Un seul compagnon, Dieu; et laissons les hommes se regrouper en sectes, clans, partis ou églises qui s’opposent et se détestent (cf. Mt. 5,47).

Notre ère est celle de la Personne libérée – et non plus celle du salut collectif.

“Le temps des troupeaux est passé, et celui de la liberté arrive”, écrivait il y a 40 ans Louis Cattiaux (Message retrouvé, XIX,48b). Malheureusement, les troupeaux sont toujours là, et bien là, surconditionnés par les médias. Ils se fondent sur le bas psychisme universel, sur la mentalité du golem leur (homme animal) et de l’âdâm (homme potentiel, mais entravé et piégé), et même du “mort-vivant”, homme spectral dont le Cœur a émigré. Or, seul est digne de la vocation humaine – qui n’a rien à voir avec la “condition humaine”- l’Être de Lumière, qu’il faut extraire de sa gangue psychosomatique, et qui est, en fin de compte, le but de tout cheminement à travers ce monde et les autres.

“Notre être profond”, dit Râmana Mahârshi, “est le Pouvoir de Dieu. Les ennuis commencent seulement quand nous disons: je suis ceci, je suis cela, je suis un tel, je suis une telle. Ne faites pas cela. Soyez Vous-même. C’est tout” (Enseignement, p.413). Le même message à ce qu’il y a de plus divin en nous se retrouve chez Carlo Suarès: “Cherchez votre Individualité totale, ne l’inscrivez nulle part, ne la qualifiez pas. Toute définition de vous-même est un abri mensonger” (Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, p.134). Et, d’une manière pratique, “refuser tout le temps de se déterminer, de se définir, de se fixer dans une condition, de s’identifier à elle, c’est déjà s’ouvrir à l’Intemporel vivant” (ib., p.137). Se déterminer, se définir : cela ne vous rappelle-t-il rien? Si, bien sûr : la “faute” dite originelle en Éden.

bouton-bougie4bisCe passage par-delà, dans l’Infini, l’Inconditionné, le Vide, n’est pas un saut dans l’incertain, l’indifférencié, le n’importe quoi. Nous sommes comme des “génies enfermés dans des bouteilles scellées”, mais capables de l’Infini: ayant prudemment fait fondre la cire, libérés de toutes les limites imaginaires, nous revêtons notre stature propre, celle de l’illimité (J.Blofeld, Taoïsme, p.196). Le JE divin que nous sommes essentiellement, signature singulière de Dieu, enfin débarrassé des contraintes de la descente-pour-s’incarner, rentre en possession victorieuse de la Totalité, ou de la Plénitude inépuisable, dans la mesure de sa capacité de recevoir et de donner. Il est alors un Dieu en expansion dans l’infinie Déité; il est une Conscience “dévorante” dans la Conscience universelle.

Pour réussir ce passage, il faut avoir retrouvé la vraie respiration spirituelle entre le Soi-Même et le Soi, entre ces deux Mémoires jumelles. Comme l’indique le trigramme Li du Feu :

trigramme Li du FeuMémoire du Soi
Amour-respiration
Mémoire de Soi

Les Hauts Plateaux de l’Esprit, les Champs de la Paix profonde n’ont rien à voir avec le domaine des corps et des psychés, des désirs, des sentiments, des concepts, des techniques. L’Esprit ne peut vivre dans le grégarisme asphyxiant de l’humanité – surtout lorsqu’il est religieux. Il lui faut l’air transparent des hauteurs, où se tient le Roi du Monde – c’est-à-dire Nous, revêtus de Nous-mêmes, et où peu se risquent à monter. C’est à ce niveau que se découvre la Source bouillonnante des Bénédictions, des Informations et des Énergies, nécessaire à tout être qui se veut vivant.

bouton-bougie4bisQuelle est la vocation de l’homme ?
Prier, processionner, se conformer, répéter ? C’est l’imitation de la nature divine : le retrait, pour laisser à l’autre sa liberté d’être, et le don, pour accroître en l’autre sa richesse d’être. L’impitoyable rigueur de la Vérité omniprésente, omni-agissante, et l’inépuisable bonté de l’Amour qui comprend tout et qui assume tout. La Sagesse rectificatrice de tout le réel, qui renouvelle d’instant en instant ses efforts, ses inventions, ses méthodes pour déconditionner, libérer tout le Divin aspirant à rejoindre sa Source. Ainsi l’homme est-il, comme prévu, co-créateur avec Dieu, en adhérant à la plénitude de Son Essence, et en marchant selon l’inspiration de Son Amour.

Maintenant, l’art de la présence authentique doit se substituer aux techniques de conditionnement, à la multiplication d’êtres dangereusement artificiels. La Présence est l’expression perceptible de l’Omniprésent, de sa Lumière éternelle et de son Amour infini, le passage du “Sans-Limites” à travers le monde des limites. C’est une explosion sereine, un calme jaillissement, une dansante irruption de l’Imprévisible.

Ancrés dans l’unité divine, nous voulons être des témoins de l’Un qui est Amour. Respirant avec l’Esprit de Vérité, nous voulons être des centres de rayonnement de la Lumière. Participant de l’éternelle activité créatrice, nous voulons être des artisans de paix, agissant sans agir.

bouton-bougie4bisNous proclamons l’unité de l’Église de Lumière, invisible, indivisible et universelle, par-delà toutes les églises et communautés constituées, incarnées et divergentes. Nous proclamons l’unité du Roi du Monde, qui est le “Pouvoir de Dieu” présent en chacun et au-dessus de tous, par-delà les autorités, les puissances et les dominations. Nous proclamons l’unité de la Sagesse rectificatrice de toute la Création, par-delà tous les systèmes, les dogmes et les débats technico-théologiques. “Libres à l’égard de tous, nous entrons et nous sortons (Jn. 10,9), nous courons et nous revenons” (Ézéchiel 1,14). Seuls importent l’énergétique et le don transfigurateurs.

Notre ligne de conduite a pour noms : Mémoire, Respiration, Expansion

MÉMOIRE :
Un Dieu unique…
Qui est mon compagnon? Dieu seul

Un unique espace des vivants…
Quel est mon espace? L’Univers visible et invisible.

Une vocation unique de l’être humain…
Quelle est ma vocation? Créer avec Dieu.
Quel est mon ennemi? Me réduire à moi-même.

RESPIRATION :
Sortir des prisons et des formes pour rejoindre le Divin en moi, à l’intérieur de chaque être, et au cœur de Lui-même.

EXPANSION :
Libérer les qualités divines (la “puissance royale divine” de Lc. 17,21) que chacun retient en lui – la Bonté, la Sagesse, le Courage, l’Invention, de façon qu’elles comblent les manques, fassent reculer les ténèbres et intensifient l’Amour résurrecteur.

A l’ère des fabricants de “véhicules” (Noé, Abraham, Moïse, etc.) doit succéder l’ère des libérateurs du Divin en tous les êtres. Seul le Divin, qui vit au cœur du réel, ne peut se combattre lui-même.

Yves Albert DAUGE

(A suivre)

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