
La lumière se rebelle contre les ténèbres,
La lumière se rebelle avec les ténèbres,
Le Génie de la Mort ne nous a pas encore sidérés.
Anna Akhmatova à René Char
Cette nuit-là, René, ma voix parle aux malheureux.
Mais même les étoiles entendent mes chants silencieux.
Seule la nuit, hélas, écoute mes mots qui font du bruit,
Mais l’obscur matin menace mes écrits.
Mon cœur écrit l’indicible sublime,
Lorsque les larmes pleurent une parole inconnue,
Et ma plume est la lame d’une âme si lasse,
Et nous suffoquons d’un feu qui emporte nos cendres.
René Char à Anna Akhmatova
Ton écho, Anna, je l’entends, il rencontre ma fureur.
Nos mots sont encore une lumière clandestine,
Et son éclat est celui de l’insoumission.
Face à l’insoutenable nous n’avons qu’une arme :
La parole en clair-obscur, qui fait de nos cendres,
Une encre de refuge.
